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Je sautillais sur la pointe de mes pieds, en alternant le mouvement, en appui une fois sur la jambe droite, une fois sur la jambe gauche. Mes poings bien serrés, j’esquivais les coups qui me venaient du mieux que je le pouvais. Des fois en faisant un brusque écart sur le côté, des fois en fléchissant sur mes jambes dans un mouvement rotatif rapide, afin de frapper une fois revenu à hauteur de mon adversaire. Tout un art, les arts martiaux ! Karaté, full-contact, boxe française. J’en connaissais un rayon. Après huit années de pratique – excusez du peu - je pouvais bien imiter le fameux Bruce Lee, puisque après tout il était mon héros. Je lançais un direct du gauche, puis un deuxième pour fixer l’autre, puis tentais un ushiro-mawashi-geri*. Raté. Trop lent, avais-je pensé. Tout à coup une pluie de coups arriva. Direct du gauche, fouetté** de la jambe droite , puis crochet du gauche, uppercut droit… j’avais adopté une position défensive, resserré les poings en les gardant bien près de mon visage pour me protéger au maximum, j’esquivais encore une droite, puis une gauche, prenais un fouetté-mawashi-geri dans la jambe droite, et…
Le soir tombait. C"était la fin du jour, et les oiseaux lançaient leurs derniers gazouillements avant de se laisser envelopper par la nuit. Des étoiles venaient de faire leur apparition, constellant tout à coup le ciel de petites lumières vacillantes. Etrange, me suis- dit alors. Pourquoi est-ce qu’elles vacillent les lumières. Oooh, j’ai la tête qui me tourne…
Un direct du droit. Je venais d’encaisser le direct du droit le plus percutant que j’avais jamais connu. Je vacillais. Les oiseaux et les étoiles étaient en fait dans ma tête, et je tentais tant bien que mal de tenir encore debout. Sous le choc, ma tête avait été violemment rejetée en arrière. J’avais senti une vive douleur, et puis très vite j’avais repris le dessus. Trente secondes. Tenir, encore trente secondes de combat, et c’est fini. Bon sang, pas facile de servir de punching-ball à un vice champion d’Europe !
La fin du round dura une éternité. Lorsque ce fut fini, Jap – c’était son surnom – vint vers moi : "Ca va ? dit-il. – Ca va, ça va, m’étais-je contenté de répondre. – t’es sur ? - Oui, oui. Ca va aller, je t’assure."
Je n’avais pas saisi moi-méme tout de suite la violence du coup et les dégâts que cela allaient occasionner. Le lendemain, après une séance de sport – j’étais au lycée – je demandais à intégrer l’infirmerie. J’avais mal au dos, et mon épaule était enflée. On me proposa de consulter un médecin le plus rapidement possible. Le diagnostique : double traumatisme cervical. Des années après, malgré les efforts des kinés, chiropracteurs, acupuncteurs, rien n’y fit. J’accusais une usure prématurée des disques cervicaux. Le problème s’était transformé en arthrose. Ô douleur !
*Ushiro-mawashi-geri : frappe donnée en lançant la jambe dans un mouvement de pivotement sur soi-même pour atteindre l’adversaire avec le plat du pied, généralement au niveau de la tête.
Mawashi-geri : cf ci-dessous.
**Fouetté : terme de boxe française. Frappe du pied donnée en lançant la jambe dans un mouvement circulaire de droite à gauche pour la jambe droite, et de gauche à droite pour la jambe gauche. Le fouetté correspond au mawashi-geri du karaté.
Eh ben…
Bises
eh, oui…
Ho. Ouch. Je connais qqun qui est pris avec des problèmes d’arthrose. Crois-moi, je le vois souffrir et je vosi bien que c’est atroce. J’espère que tu trouves un peu à te soulager, d’une quelconque façon… prends bien soins de toi … xx
ps; le Ushiro-geri est-ce que ce n’est pas le roundhouse kick de Chuck Norris?
Je ne peux pas te le confirmer, car je ne connais que les termes français et japonais. Mais il me semble que le roundhouse kick correspondrait plutôt au mawashi-geri qui est un coup de pied circulaire donné en restant face à l’adversaire. tandis que ushiro-geri est donné en effctuant un demi-tour sur soi-même..
ta question m’a permis de corriger. C’est de ushiro-mawashi-geri dont il s’agit. Ca remonte à pas mal d’années tout ça, et je ne pratique plus, bien entendu. merci de l’intérêt pour le sujet.
Bien joué… au début: on est au spectacle et on ne rate rien du déroulé…
Mais ensuite on souffre et on se dit, en référence au billet précédent, qu’il eût mieux valu emprunter l’épée des Cadets de Gascogne et de leur illustre Cyrano De Bergerac.
Aïe aïe aïe!
Certes, on ne rencontre pas ce genre de problème à l’escrime ou à la natation. Mais j’avais fait mon choix.
Vrai que s’il t’était arrivé la même mésaventure à l’escrime, tes vertèbres cervicales auraient ptêtre été épargnées, mais tu aurais pu avoir à la place, un joli ptit trou partant du milieu de front, juske derrière la nuque…
Malheureusement, je n’ai pu trouver aucun témoignage digne de foi, qui puisse me confirmer que ce soit moins douleureux !
Quelque part ça peut être moins douleureux… dans le temps; Parce qu’une fois six pieds sous terre, on ne sent plus rien…
Mais pkoi aller se mesurer à un vice champion d’Europe ?
Qui de plus, telle que tu racontes l’histoire, n’avait même pas conscience de la violence du coup qu’il t’avait porté au visage…
Perso, moi j’ai fait 5 ans d’aïkido, avec pas mal de chutes en vol plané, mais c’était quand même moins risqué dans l’ensemble !
En fait, il ne s’agissait pas d’un combat officiel. Le club où j’étais, et dont j’étais le trésorier, était dirigé et entraîné par une bande de copains dont je faisais partie. C’est au cours d’un entrainement que ce malheureux incident est survenu. Aujourd’hui, dès que je peux je déconseille aux jeunes de pratiquer la boxe française s’ils n’ont pas une bonne expérience par ailleurs. J’aurais mieux fait de rester dans le karaté. Pour moi, c’est une erreur de jeunesse que je dois assumer aujourd’hui. Car je ne suis pas dupe, les choses n’arrivent pas par hasard…
Ton billet "Ô douleur!" m’avait touchée , maintenant je comprends . J’imagine que quand surviennent les crises cela doit être difficile à gérer , alors courage et prends soin de toi .
Merci de ton mot LilouHélène. Cela me va droit au coeur.
bises.
J’espère que tu vas un peu mieux…
Bon courage Archi
Bises
Merci Hélène.