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Le paradis n’était pas pour moi. Esprit tourmenté, j’étais appelé à errer sans cesse. Il faut dire qu’avec le passé qui est le mien…
Un fantôme. Voilà ce que je suis devenu. Des années que cela dure. Je marche longuement dans les rues. Je vois la tristesse dans le regard des gens. Certains même montrent de la souffrance. Depuis que je ne suis plus de ce monde, je les observe. D’en haut, souvent. Mais aussi des fois d’en bas. C’est à dire avec eux. Près d’eux. En marchant à leur côté. Sans qu’ils ne s’en rendent compte. Des fois je « capte » leurs conversations. Je les entends faire une réflexion intéressante sur la façon dont « cela » s’est passé, cette histoire incroyable : mon assassinat ! Certains même affirment avoir été témoin de quelque chose. Le pire c’est que beaucoup de gens ne croient plus aujourd’hui à la « thèse officielle », et aimeraient connaître enfin ce qui s’est vraiment passé.
Je vole souvent avec les oiseaux. Un vieux rêve que j’avais quand j’étais vivant. Et je dois dire que souvent, bien souvent, quand je vois ce qui se passe en bas, dans la poussière floue des jours chauds, dans la brume grisante du soir, dans le mystère de la nuit, je n’ai qu’une seule envie c’est de rester en haut. Parce que la terre est belle, si belle vue de là haut. Mais les hommes, qu’en font-il ? Qu’ont-ils fait de ce monde ?
Je suis mort, et je m’appelle John. Presque quarante ans que le mensonge perdure. J’aurais envie de crier à la terre entière la vérité. Les manipulations, les pressions, les éliminations…
Et dire que LBJ m’a fait manger par son loup-garou de service. Un certain Malcolm Everett Wallace, dit Mac Wallace. Il n’a jamais été puni, celui-là. Un tueur à la solde de l’Intelligence Service ! Lui et ses sbires ne m’ont pas loupé. Et Cliff Carter, le roi de la manigance qui a tout orchestré ! Impuni lui aussi, malgré ses regrets juste avant de mourir.
Une affaire bien réglée. Comme une horloge suisse. Une mécanique huilée au millimètre près. Propre. Nette. Sans bavure.
Je suis mort, et je m’appelle John . Ou plutôt je m’appelais John. On me surnomme JFK.
Et si je vous disais que c’est l’Or Noir du Texas qui préside à la destinée de ce monde ?

(Cette histoire est une fiction. Enfin presque. Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Ou bien le fruit du hasard et de la nécessité…)